Avec Élise Clary, Armand Pitot, Laurent Prévot, Marine Simon, Hervé Van der Meulen
C’est l’histoire d’Abezou’ch, un petit garçon qui vit seul avec sa grand-mère Gazella aux confins du désert. Tous les siens sont partis en ville. Accablé par le chagrin, il découvre un beau jour que son ombre a une forme d’oiseau. Affolé d’abord, il s’évertue à la cacher. Mais chaque soir, à l’approche de la nuit, l’ombre de l’oiseau s’épaissit. Une nuit, il se met à voler…
Bouleversée par la puissance de sa plume, Muriel Mayette-Holtz a passé commande à l’autrice Anne Sibran pour qu’elle écrive un texte adressé au jeune public. Convaincues qu’un spectacle destiné à la jeunesse doit être fait de mystères, elles imaginent ensemble une pièce subtile et sensible, tout en jeux d’ombres et de silhouettes.
L’intention
Il sera question de ces rencontres, avec la bête, avec l’étrange, qui nous bouleversent, nous amplifient et changent à jamais notre regard sur le vivant.
Anne Sibran
J’ai rencontré l’écriture d’Anne Sibran avec Je suis la bête, et j’ai aussitôt senti combien cette autrice est une sculptrice de mots - des mots d’émotion, de sensation, de souffle. J’ai toujours rêvé de travailler avec elle, si proche de la nature, si singulière, si libre. Je pressens qu’elle connaît les contes mieux que quiconque, et que son regard sur la vie sait nous mener, avec une simplicité sensuelle, au cœur même de l’histoire du monde.
Je lui ai donc demandé d’écrire une pièce sur les rêves, sur l’enfance, pour l’enfance. Car ce sont nos premières années qui façonnent notre imaginaire, notre force vitale et notre confiance. Elle m’a proposé un voyage entre l’ombre et la lumière, dans une forme que je découvre à ses côtés : être plasticienne des mots, c’est peut-être là sa puissance, et c’est ainsi que je souhaite la suivre.
Muriel Mayette-Holtz
Le projet
Le Petit garçon avec une ombre d’oiseau est un texte symbolique qui raconte la nécessaire douleur de la séparation, ce moment où, pour grandir, il faut accepter de quitter le foyer et prendre son envol.
Autour de l’enfant gravitent des personnages fantasmagoriques - la Nuit, le Génie, les animaux - et chacun, à sa manière, dépose une pierre sur le chemin de son éveil. La grand-mère, elle, est la mémoire, le refuge, la figure protectrice du foyer. Elle redoute le départ, elle en souffre, mais elle sait aussi, profondément, que cet arrachement est nécessaire : il faut un jour s’éloigner de ceux qui nous protègent pour pouvoir embrasser la vie.
J’avais envie d’aborder le théâtre pour la jeunesse en y mêlant les grands thèmes universels du conte et des figures presque surréalistes. Car Anne Sibran possède cette qualité rare : elle écrit pour l’enfant sans jamais cesser de parler à l’adulte. Elle comprend ce besoin presque animal de s’émanciper, de sortir du nid, de découvrir ailleurs qui l’on est.
Son écriture passe par la nature, par les éléments, par le sensible. La nuit devient un personnage, l’espace devient une matière, le monde extérieur semble accompagner la métamorphose intérieure de l’enfant.
Avec Rudy Sabounghi, mon scénographe, notre travail sera précisément celui-là : donner un corps à l’invisible, faire exister sur le plateau cette poésie de l’âme et rendre sensible cet instant fragile où l’enfant, encore retenu par ceux qui l’aiment, découvre qu’il possède déjà des ailes.
La scénographie
Un sol de sable pour dire l’immensité de l’espace. Un écran où déposer les ombres. Des masques abstraits pour faire surgir les animaux.
Seuls, la grand-mère et le petit garçon appartiendront pleinement au réel. Autour d’eux, le monde prendra les contours d’un conte dessiné, un paysage où chaque apparition semble naître de leur imaginaire.
Le Djéli, l’Oiseau, la Nuit seront des figures simples, presque abstraites, des présences qui accompagnent l’enfant et dialoguent avec lui sur le chemin de son émancipation.
Au centre, un arbre fait d’échelles : un arbre que l’on gravit, où l’on se perche, d’où l’on regarde le monde avant, peut-être, de prendre son envol.
L’ensemble sera pensé comme un tableau de Rudy Sabounghi, qui bouscule ici ses propres codes pour inventer une imagerie à la fois naïve et abstraite. Un espace où quelques signes suffisent à faire naître tout un monde, et où le plateau devient peu à peu le paysage intérieur de l’enfant.
La presse
Une écriture incandescente, qui glisse d'un univers à un autre dans la beauté, la bonté de l'univers, envers et contre tout.
Mohammed Aïssaoui, Le Figaro
Dates de représentation
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