Le CDN

Théâtre National de Nice – Centre Dramatique National Nice Côte d’Azur

Le Théâtre National de Nice est un Centre Dramatique National, créé en octobre 1969, avec la nomination de Gabriel Monnet, son premier directeur.
Le premier bâtiment, un préfabriqué contenant une salle frontale de 750 places, un grand hall public, un restaurant et un atelier de décors, a été inauguré en mai 1970. Sa conception était le travail du scénographe Igor Hilbert.
Ce n’est qu’en 1989 qu’un nouveau bâtiment voit le jour après 2 années de travaux pour créer la Promenade des Arts, passerelle entre le Théâtre National de Nice et le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain. Il a été conçu par l’architecte Yves Bayard avec la participation de la décoratrice Jacqueline Morabito.
Inauguré sous le deuxième mandat de Jacques Weber, qui l’avait inscrit dans son projet artistique pour Nice, le bâtiment actuel a fêté ses 30 ans en novembre 2019.
Il est constitué de 2 salles de spectacles, la salle Pierre Brasseur [salle à l’italienne numérotée de 963 places], la salle Michel Simon [hémicycle à la grecque en placement libre de 318 places], d’une salle de répétitions [pouvant aussi accueillir des spectacles pour 90 spectateurs], d’un hall public, d’un bar-restaurant et d’un atelier de décors.

6 directeurs se sont succédé à la tête du CDN depuis 1969 :

Gabriel Monnet [de 1969 à 1974]

Gabriel Monnet

Remercié par la municipalité de Bourges où il dirigeait la maison de la culture et la Comédie de Bourges, Gabriel Monnet se voit proposer par l’État la direction du CDN de Nice, nouvellement créé. Il inaugure son mandat par la création d’une pièce d’Edward Bond dans laquelle il met en cause l’armée et la religion. Ce qui lui attire l’hostilité de la municipalité de Nice. Son mandat s’achève en 1974, on retiendra plusieurs de ses mises en scène Pucelle d’Audiberti avec Silvia Montfort en 1970, Coquin de Coq d’O’Casey, La Tempête de Shakespeare, L’École des femmes et La Critique de l’École des femmes de Molière... L’année suivante il rejoint, à Grenoble, le Centre Dramatique des Alpes.

Jean-Pierre Bisson [de 1975 à 1978]

Jean-Pierre Bisson

Fou de théâtre, entraîné par le besoin furieux d’exprimer ce qu’il a sur le cœur, Jean-Pierre Bisson s’inscrit dans le monde de la marginalité rageuse. Acteur, auteur, metteur en scène, Il se fait reconnaître avec Sarcelles-sur-mer, au Théâtre de la Tempête, pratique les petites salles et le Off d’Avignon. En 1975, dans son souci de renouveler la décentralisation théâtrale, Michel Guy lui offre la direction du CDN de Nice. Cependant, succéder à un pionner fondateur tel que Gabriel Monnet n’est pas chose facile. Jean-Pierre Bisson s’y essaie corps et âmes, fait venir de grands acteurs, monte des auteurs reconnus et aussi ses propres textes. Il partira au bout de trois ans, ne s’épanouissant pas dans cette fonction.

Jean-Louis Thamin [de 1978 à 1985]

Jean-Louis Thamin

Elève-régisseur à l’École de la Rue Blanche, à Paris, puis assistant metteur en scène de Raymond Rouleau et de Tania Balachova, Jean-Louis Thamin fonde la Compagnie de la Contrescarpe. Il obtient un grand succès avec Les Fourberies de Scapin de Molière et surtout avec Arlequin, serviteur de deux maîtres, de Goldoni, au Théâtre Mouffetard en 1968, qui le fait connaître au grand public. En 1969, Jean Vilar lui fait appel pour renouveler l’image du Festival d’Avignon, aux côtés d’Ariane Mnouchkine et de Patrick Guinand. En 1978, il prend la direction du Centre Dramatique National de Nice, où il crée L’Etourdi de Molière, Un Balcon sur les Andes d’Eduardo Manet, Le mal court d’Audiberti, L’Echange de Paul Claudel... Il est nommé en 1986 directeur du Centre Dramatique National de Bordeaux-Aquitaine en préfiguration.

Jacques Weber [de 1986 à 2002]

Jacques Weber

À la tête du CDN de Lyon de 1979 à 1985, Jacques Weber est avant tout un acteur. C’est en 1983 que Jérôme Savary lui fait rencontrer un personnage : Cyrano de Bergerac. Un caractère qui lui colle à la peau et au cœur. Il mettra d’ailleurs en scène, avec de jeunes comédiens, cette pièce d’Edmond Rostand au CDN de Nice. Il est nommé en 1986 et fait construire un nouveau théâtre à la place de l’existant. Les deux salles portent les noms de Pierre Brasseur et de Michel Simon ses références. Il présente des adaptations de Molière ou encore La Mégère Apprivoisée pour Jérôme Savary, en coproduction avec le Théâtre National de Chaillot... Sa notoriété favorise le système de coproductions, des échanges de spectacles entre structures de même niveau.

Daniel Benoin [de 2002 à 2013]

Daniel Benoin

Après Saint-Étienne, où il reste de 1975 à 2002, Daniel Benoin trouve à Nice « un fort potentiel de développement » régional, national et international. Il installe une troupe permanente, dont une partie l’a suivi de Saint-Étienne. Il parie sur le nombre de créations et de représentations pour offrir au public « un panorama presque exhaustif des grandes tendances théâtrales d’aujourd’hui ». Il inaugure son nouveau mandat de directeur avec la mise en scène de Festen de Thomas Vinterberg et Morgens Rukov. Il a fait venir à Nice Kryzysztof Warlikowski pour sa première mise en scène en français (Le Songe d’une nuit d’été), Alfredo Arias (Mère et fils), Daniel Mesguich (Actes de Tchekhov), Antoine Bourseiller pour la première mondiale du Bagne de Jean Genet. Depuis son départ, il est directeur du théâtre Anthéa à Antibes.

Irina Brook [de 2014 à 2019]

Irina Brook

Sa biographie est très riche tant ses créations que ses participations dans des pièces sont nombreuses. En 1998, elle crée la version française de Une Bête sur la lune au Théâtre Vidy-Lausanne, ce spectacle est récompensé de cinq Molières dont le Molière du metteur en scène. Irina Brook est l’un des rares metteurs en scène invitée par Ariane Mnouchkine à diriger la troupe du Théâtre du Soleil, avec laquelle elle présente la version française de All’s well that ends well au Festival d’Avignon. En 2000, elle crée Résonances de Katherine Burger, pièce pour laquelle elle obtient le Molière de la révélation théâtrale féminine et le prix de la SACD nouvel espoir. En 2014, Irina Brook devient la première femme metteur en scène directrice du TNN. Pendant toutes ces années, elle a proposé une programmation exigeante et populaire privilégiant le plaisir et la convivialité. Elle quitte la direction du théâtre en 2019.

Muriel Mayette-Holtz [depuis 2019]

Muriel Mayette-Holtz

Ancienne élève de Michel Bouquet, de Claude Régy et de Bernard Dort, elle a été professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique entre 2000 et 2006. Entrée comme actrice à la Comédie-Française en 1985 après une formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, elle est nommée 477ème sociétaire en 1988. Elle a travaillé notamment avec Matthias Langhoff, Jacques Lassalle, joué les plus grandes pièces du répertoire et mis en scène plus de quarante spectacles. Elle devient la première femme à diriger la troupe comme administratrice générale, d’août 2006 à juillet 2014. Après un détour à Rome comme directrice de la Villa Médicis pendant trois ans, elle est reçue à l’Académie des Beaux-Arts dans le fauteuil de Maurice Béjart en mai 2017. Nommée à la direction du Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d’Azur le 2 août 2019, avec une prise de fonction à partir du 1er novembre 2019, Muriel Mayette-Holtz retrouve, à Nice, le théâtre, son métier et projette d’y mettre en valeur les grands textes du répertoire de l’Europe de la Méditerranée.


Qu’est-ce qu’un CDN ?

Plus de 70 ans de décentralisation théâtrale

C’est au lendemain de la seconde guerre mondiale que s’impose l’idée selon laquelle le théâtre est un service public qui doit pouvoir atteindre tous les foyers, “comme l’eau, le gaz et l’électricité”. En 1947, avec la fondation du Centre dramatique de l’Est à Colmar et de la Comédie de Saint-Étienne, commence l’aventure de la décentralisation théâtrale, animée par l’idée que les régions peuvent aussi inventer le théâtre, le créer et le faire partager. Depuis, le rôle des 38 Centres dramatiques nationaux est de produire des créations originales et de les rendre accessibles à tous les publics sur un territoire. Les CDN incarnent aujourd’hui la création au sein de la “décentralisation”, ils font exister la production et la diffusion de la culture en dehors de la capitale. Dans un paysage culturel riche de nombreux acteurs, c’est par le choix fort de confier leur direction à des artistes que se distinguent les Centres dramatiques nationaux des autres héritiers de la décentralisation. Dans le cadre de ses missions, l’artiste directeur(rice) s’engage d’abord à produire ses spectacles mais aussi à partager l’outil et les moyens de la structure avec d’autres ensembles artistiques.


Le réseau des CDN

Centre Dramatique National Nice Côte d’Azur Directrice Muriel Mayette‑Holtz Promenade des Arts • 06300 Nice
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