Les Quatre saisons
Quand le théâtre n’embrasse pas un seul monde, mais la constellation des mondes possibles, alors chacun peut y reconnaître son propre miroir. La représentation nous déplace vers un ailleurs qui n’est pas une fuite, mais une extension du réel, un territoire où notre regard s’ouvre, se trouble, se précise.
À l’image des quatre saisons d’une année, la diversité a droit de cité sur nos plateaux. Nous pensons la saison comme une forêt vivante : un espace traversé de clairières et d’ombres, de chemins sinueux et d’horizons dégagés, où coexistent des formes, des écritures et des présences multiples.
Chaque proposition y est un arbre singulier, enraciné dans une nécessité propre, et pourtant relié aux autres par une même sève : celle du désir de dire le monde dans toute sa complexité.
Lorsque les formes se rencontrent — théâtre, danse, musique, chant, image, lumière — elles composent ensemble une fresque sensible de l’humanité. Notre projet est de raconter l’être humain dans la pluralité de ses visages, dans ses élans comme dans ses failles, dans ses éclats comme dans ses zones d’ombre.
Une célébration de la vie, intense et libre, sans entraves ni censure, où l’on ose dire et montrer ce qui nous traverse.
Cette intensité n’a de sens que si elle fait vibrer nos cœurs et agrandit en nous le désir des autres. Car le théâtre est, par essence, un art du vivre-ensemble. Il ne se fait jamais seul : il naît du regard du public, qui accomplit la représentation autant qu’il la reçoit. Il s’invente dans l’échange avec les partenaires de jeu, dans la confiance et le risque partagés. Il se construit aussi dans le dialogue des disciplines — scénographie, lumière, son, vidéo — qui tissent l’espace du sensible et donnent corps à l’invisible.
Au-delà de tout, il ouvre un dialogue intime avec soi-même. Ce qui se joue sur scène trouve son écho en chacun de nous, dans ce lieu secret où se rencontrent mémoire, imagination et désir.
Notre ambition est universelle : que chaque spectateur puisse se reconnaître, ne serait-ce qu’un instant, dans ce qui lui est donné à voir et à entendre — comme si la scène lui parlait à l’oreille. Quels que soient nos histoires, nos origines, nos corps ou nos convictions, un théâtre comme le nôtre doit être, profondément et simplement, le vôtre.
Muriel Mayette-Holtz
Directrice du Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d’Azur
Mai 2026
Muriel Mayette-Holtz est comédienne et metteuse en scène.
Ancienne élève de Michel Bouquet, de Claude Régy et de Bernard Dort, elle a été professeur au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique entre 2000 et 2006. Entrée comme actrice à la Comédie-Française en 1985 après une formation au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, elle est nommée 477e sociétaire en 1988.
Elle a travaillé notamment avec Matthias Langhoff, Jacques Lassalle, joué les plus grandes pièces du répertoire et mis en scène plus de quarante spectacles. Elle devient la première femme à diriger la troupe de la Comédie-Française comme administratrice générale, d’août 2006 à juillet 2014.
Après un détour à Rome comme directrice de la Villa Médicis pendant trois ans, elle est reçue à l’Académie des Beaux-Arts dans le fauteuil de Maurice Béjart en mai 2017. En 2026, elle rejoint la section Mise en scène nouvellement créée au sein de l’Académie.
Nommée à la direction du Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d’Azur le 2 août 2019, avec une prise de fonction à partir du 1er novembre 2019, Muriel Mayette-Holtz retrouve, à Nice, le théâtre, son métier et projette d’y mettre en valeur les grands textes du répertoire de l’Europe de la Méditerranée.
©S. Boulet
Quels que soient nos histoires, nos origines, nos corps ou nos convictions, un théâtre comme le nôtre doit être, profondément et simplement, le vôtre.