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[ Création ]

le voyage de miriam frisch

écriture collective sous la direction de Linda Blanchet
mise en scène Linda Blanchet
Compagnie Hanna R

avec Calypso Baquey, Cyril Texier, William Edimo, Angélique Zaini collaborations artistiques Miriam Schulte, Deborah Banoun, Gildas Goujet, Gabor Rassov scénographie Bénédicte Jolys musique Miriam Schulte Photos Calypso Baquey vidéo Florent Gouelou lumière Alexandre Toscani, Gildas Goujet production Compagnie Hanna R coproduction Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d’Azur, la Fabrique Mimont - Cannes avec l’aide de la DRAC PACA, du CAC de la Région PACA, la Spedidam, l'ADAMI, du Conseil Départemental des Alpes-Maritimes, de la Ville de Nice avec le soutien de La Chartreuse - CNES, de la Maison des Métallos - Paris et du Théâtre de la Cité - Marseille
Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du vendredi 6 janvier.

Miriam Coretta Frisch, jeune allemande de 25 ans, a décidé de partir en Israël 7 semaines en kibboutz à l’été 2012. Brouillant les frontières entre fiction et réalité, Le voyage de Miriam Frisch raconte son parcours à partir des matériaux collectés pendant ce séjour et à son retour.

Miriam croit à l’utopie d’un renouveau. Si elle n’identifie pas précisément les raisons qui la poussent à partir, elle évoque une fascination pour les organisations collectives et une « culpabilité abstraite ». Elle dit vouloir vivre une aventure initiatique qui lui permettra de se réapproprier son histoire.
Mais à son arrivée, elle découvre que les kibboutz vieillissants ne sont pas les lieux d’utopie auxquels elle rêvaient et surtout, que sa démarche est loin d’être singulière : dans ces paysages exotiques, elle est sans cesse confrontée à d’autres jeunes allemands partis, comme elle, « régler » leur passé.

Sommes-nous condamnés à porter l’héritage qui nous a été transmis ? Peut-on espérer « recommencer » ? Quatre comédiens (Calypso Baquey, Cyril Texier, Maxime Tshibangu et Angélique Zaini) tentent de reconstituer ce voyage, d’en comprendre les raisons et écoutent les échos entre l’histoire personnelle de cette jeune allemande et leur propre histoire. Ils ne portent pas la culpabilité de Miriam, mais ils s’interrogent eux aussi sur ce que pourraient être leur utopie et le voyage de leur vie.

Les spectateurs sont conviés autour d’une table de fête pour partager avec eux ce récit intime et questionnant, qui est avant tout une quête d’identité. La transmission, notre désir d’utopie, notre façon de nous réapproprier l’Histoire sont au cœur de nos interrogations.

entretien avec Linda Blanchet

Propos recueillis par Caroline Audibert

Pourquoi avoir choisi de construire cette création autour du parcours de cette jeune Allemande ?

J’ai trouvé ce parcours étonnant : une allemande de 25 ans qui veut découvrir l’organisation collective en kibboutz et en même temps comprendre son histoire. Ce sont les raisons qui l’ont poussé à partir autant que le voyage en lui-même qui m’intéressaient. Miriam fait partie de cette jeune génération qui a un rapport compliqué avec sa langue maternelle, qui s’interroge beaucoup sur la mémoire de son pays, et ne sait pas comment se positionner par rapport à l’histoire de sa propre famille… Elle parle de culpabilité abstraite, d’un héritage trop lourd à porter.
Le voyage de Miriam Frisch est le point de départ de notre fiction. Son parcours très symbolique nous permet de raconter l’utopie et la possibilité d’un recommencement. C’est sans doute aussi parce qu’elle est jeune qu’elle a ce désir intense de s’inscrire dans le monde autrement et de se réapproprier son histoire. Elle vit ce départ en Israël comme un parcours initiatique : c’est une rencontre avec un pays où personne dans sa famille n’était déjà allé, la découverte d’une autre forme d’organisation collective, la confrontation avec un territoire complexe… Ce voyage dans l’inconnu se révèle une quête d’identité riche. J’ai fait des interviews d’elle avant son départ, pendant son séjour, et même un an après. Son discours est devenu plus clair sur son voyage, sur ce qu’elle y a trouvé.

Que vouliez-vous explorer à travers son histoire ?

Son histoire est un fil rouge. J’avais envie de travailler avec mes comédiens, de différentes origines, sur l’écho que peut avoir ce voyage sur chacun d’entre nous. Je voulais comprendre comment il est possible de concilier une histoire qui nous a été transmise avec celle que l’on réinvente au jour le jour. Comment la mémoire permet de se construire au présent et de se projeter dans l’avenir finalement.

Votre création nous offre l’occasion de vivre une forme de communauté éphémère. C’est donc aussi un recommencement de la société ?

Le questionnement opère plus au niveau intime qu’au niveau politique. J’ai eu envie que le public soit au cœur du dispositif scénique. Les spectateurs sont assis autour d’une table, partagent un moment avec les comédiens. A travers cette communauté éphémère, peut-être autour d’un repas, c’est une manière de voir si, le temps de la représentation, une utopie est possible. On brouille la frontière entre fiction et réalité, et on recrée déjà un embryon de société, un groupe à taille humaine où chacun peut repenser son histoire. Il y a une innocence dans la démarche, une volonté de lancer quelque chose et de voir comment réagit le public. Aujourd’hui, si on doit construire ensemble autour de cette table le début d’une histoire, qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qu’on décide ?

A-t-on besoin d’utopies pour pouvoir réinventer notre histoire, une forme de société, des valeurs ?

Peut-être que toutes les générations ont ressenti cela avant moi, mais j’ai la sensation qu’aujourd’hui, on est face à la nécessité de réinventer quelque chose. Ça se fera peut-être de manière plus subtile que certains peuvent le laisser penser quand on parle d’utopie. Mais se repenser dans l’histoire, dans le monde me paraît aujourd’hui fondamental.

Est-ce une forme de confiance en l’homme dans cette capacité de se régénérer qui vous anime ?

Dans ce projet théâtral là, j’ai envie d’être optimiste, d’imaginer qu’on puisse inventer quelque chose, sans se couper du passé, mais en donnant au présent une intensité, une force qui peuvent nous faire espérer que les choses peuvent aller vers un mieux.

saison 2016-17

Vente des abonnements et de la Cartes à partir du mercredi 9 septembre 10h

Réservation hors abonnements et hors Carte à partir du mercredi 7 octobre 14h

le voyage de miriam frisch au Théâtre National de Nice
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