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théâtre national de nice

saison 2017-18

théâtre national de nice

[ création ]

terre noire

Stefano Massini
traduit de l’italien par Pietro Pizzuti
mise en scène Irina Brook

avec Romane Bohringer, Hippolyte Girardot, Pitcho Womba Konga, Jeremias Nussbaum, Babetida Sadjo musiques Jean-Louis Ruf-Costanzo décor Noëlle Ginefri son Guillaume Pomares lumière Alexandre Toscani costumes Élisa Octo assistant à la mise en scène Simon Courtois production Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d’Azur
L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.© L'Arche éditeur
audiodescription le mercredi 3 février à 20h30.
rencontre avec Stefano Massini samedi 30 janvier 2016 à 15h en salle Michel Simon.

Tout commence lorsqu’une voiture s’arrête au bord du champ de canne à sucre de Hagos. L’agent commercial d’Earth Corporation lui fait miroiter de l’argent, beaucoup d’argent. Son voisin a déjà capitulé : il exhibe une voiture flambant neuve devant son terrain qui donne cinq récoltes par an. Comme tous les paysans de la région, Hagos tombe dans le piège. Il rêve de récoltes miraculeuses. Mais la réalité s’avère tout autre : ses cannes à sucre se dessèchent, la terre de ses ancêtres est meurtrie par les produits chimiques et les dettes l’étranglent. Contraints à céder leur terre pour une bouchée de pain, le fermier et sa femme décident de faire appel à une jeune avocate déterminée, Odela Zaqira.

La pièce nous embarque dans une bataille psychologique digne d’un thriller hollywoodien : celle d’une femme seule contre les multinationales impitoyables. En trente et un tableaux, Stefano Massini campe l’histoire réelle et terrible d’un couple de paysans sud-africains devenus le jouet de grandes firmes. Il construit l’intrigue avec brio, comme un puzzle sombre et subtil. Irina Brook s’empare de ces scènes intenses et morcelées pour reconstruire, à travers un théâtre d’actualité, l’image d’un monde en péril où l’humanité perd sa place face au pouvoir de l’argent.

La terre est-elle condamnée à devenir l’objet d’un marché de dupe ? Comment résister à la mondialisation et retrouver nos racines ?

entretien avec Irina Brook

Propos recueillis par Caroline Audibert

Terre noire est une création originale pour le Théâtre National de Nice ?

Oui, pour le Réveillons-nous !, je cherchais un texte fort sur la Terre et l’environnement, avec un nouvel auteur. Stefano Massini, l’un des meilleurs jeunes auteurs de théâtre du moment, s’est très vite imposé. J’ai été frappée par la brillance de son écriture et son implication dans les sujets d’actualité. Dans son oeuvre, il y a la renaissance d’un théâtre qui serait le reflet de la société, sans jamais perdre la dimension de spectacle.

Le théâtre engagé de Massini vous a-t-il également séduite par une écriture qui se prête à l’ imagination du metteur en scène ?

Son écriture cinématographique, vivante, au rasoir, m’a tout de suite plu. Son théâtre encourage une réflexion et un questionnement permanent sans tomber dans une froideur intellectuelle. Ce qui me fascine, c’est la richesse de son style et des ambiances que lui seul sait créer : des scènes cinématographiques et minimalistes succèdent à des monologues et des images poétiques. Cette juxtaposition entre le naturalisme et le théâtral est extrêmement intéressante pour la mise en scène et la direction d’acteurs. Son écriture m’offre un cadre très précis, ce qui est un challenge artistique fascinant pour quelqu’un qui habituellement ”explose” les classiques. Me trouver dans une forme nouvelle est très enthousiasmant !

Le dramaturge a conçu sa pièce comme un puzzle de 31 scénettes interchangeables. Comment envisagez-vous de présenter ce puzzle ?

L’histoire se déroule sur plusieurs années, mais elle n’est pas racontée de manière linéaire : on peut faire des allers-retours permanents dans le temps et dans le destin des personnages. Cette structure de puzzle laisse une grande liberté. Stefano Massini souhaite que le metteur en scène et les artistes s’emparent de sa pièce et la jouent sous la forme qu’ils auront recomposée. Cela ouvre de nombreuses possibilités dans la mise en scène, comme de trouver la fin la plus forte, la plus théâtrale !

Que dit cette pièce de notre rapport au monde, à la Terre ?

La pièce nous plonge dans le problème de la corruption environnementale des multinationales. Elle montre jusqu’où peut aller la destruction de l’individu et de la planète. Tous ces désordres que nous créons vont finir par nous détruire. C’est inimaginable que nos dirigeants encouragent un sacrifice collectif suivant le diktat des grandes firmes. Nous détruisons chaque jour un peu plus notre relation à cette planète qui nous a tout donné depuis le début des temps. J’espère que Terre noire pourra jouer une petite part dans une période de prise de conscience mondiale.

Dans une intrigue passionnante, la pièce de Stefano Massini dénonce sans didactisme le processus d’instrumentalisation de la Terre. Tout cela pour de l’argent ! Et après ? Que restera-t-il ? On aura détruit ce qu’il y a de plus précieux…

saison 2015-16
Terre Noire
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